Comment devenir végétarien ?

Ces derniers temps, je parle beaucoup de végétarisme, que ce soit sur mon tumblr ou sur twitter. Et du coup, je reçois pas mal de questions de personnes qui s’intéressent à ce régime alimentaire et, plus largement, à la cause anti-spéciste. Je trouve ça vraiment chouette de constater que les gens qui me suivent ne se contentent pas de prendre des morceaux de mes combats et d’ignorer ceux qui ne les intéressent pas. Aussi, j’ai décidé de vous faire un petit mode d’emploi pour ceux qui souhaitent passer le cap.

Comme cet article s’adresse aux néophytes, il va de soi que je parlerai ici uniquement de végétarisme. Tout simplement parce que si je suis personnellement convaincue que l’aboutissement de la logique anti-spéciste est le véganisme et que je fais de mon mieux pour tendre vers cette philosophie, je ne pense pas qu’on puisse aisément passer du régime carniste à celui du régime végane en un claquement de doigts. Tout ça demande des efforts et un investissement certain. Non pas financier, contrairement à ce que beaucoup peuvent croire, mais plutôt d’énergie et de temps.

Avant de commencer, comme je sais que beaucoup de gens ne sont pas au fait du vocabulaire en rapport avec la cause animale, quelques petites définitions pour que vous ne soyez pas perdus dans cet article.
Carnisme : Comme Wikipédia donne une parfaite définition, je me contente d’un copié collé : Le carnisme est un système de croyance, ou idéologie, selon laquelle il est considéré comme éthique de consommer certains animaux. Le carnisme s’oppose essentiellement au végétarisme ou au véganisme. Le terme carnisme a été défini en 2001 par la psychologue sociale Melanie Joy. Selon Dr Joy, c’est parce que le carnisme est une idéologie violente et dominante qu’il est resté anonyme et invisible, et de ce fait, manger de la viande est considéré comme une évidence plutôt que comme un choix. Or lorsque manger de la viande n’est pas une nécessité pour sa propre survie, cela devient un choix, et les choix proviennent toujours de convictions.
Flexitarien : Personne adoptant le régime alimentaire végétarien, mais seulement à la maison (n’achète donc ni viande ni poisson). Le principe, c’est qu’on s’autorise des écarts en société (restaurants, familles, amis) quand ça devient trop compliqué de manger sans viande à X ou Y endroit. Beaucoup voient là un passage étape pour devenir végétarien.
Pesco-végétarien : Personne qui ne mange pas de viande, mais accepte de manger du poisson. C’est un principe typiquement français qui est très controversé dans la communauté anti-spéciste. En gros : pourquoi arrêter de manger des animaux à part le poisson ? Qu’est-ce que cet animal à de moins que les autres ?
Végétarien : Personne qui ne mange pas d’animaux. Donc pas de viande, pas de poisson, pas de fruits de mer et pas d’insectes.
Végétalien : Personne qui ne mange pas de produits issus des animaux. Donc, en gros, ne mange pas leur chair, leurs œufs, leur lait ou leur miel.
Végane / Vegan : Végétalien qui étend son mode de consommation à tous les produits de la vie courante. N’achète donc pas de laine, de cuir, de fourrure, de produits testés sur les animaux, etc.
Spécisme : Tout comme selon le racisme tous les êtres humains ne se valent pas, le spécisme est une forme d’intolérance selon laquelle les différentes espèces animales n’ont pas la même valeur. Généralement, l’échelle de valeur dans les tête des spécistes  peut se résumer comme suit : humains > animaux de compagnie (chiens, chats, rongeurs, chevaux) > animaux comestibles et/ou « utiles » (cochons, vaches, moutons, poulets) > autres animaux > animaux dit nuisibles (insectes).

Maintenant que vous avez le vocabulaire en main, quelques précisions : je me base sur ma seule et unique expérience pour vous donner ces conseils. C’est-à-dire que je fais la synthèse de ce que j’ai pu vivre depuis que je suis végétarienne et de ce que j’ai pu entendre autour de moi, que ce soit venant de proches ou d’articles (pro ou pas). Je ne dis pas que ces « techniques » vont nécessairement fonctionner pour vous, ce ne sont jamais que des conseils. Si vous êtes intéressés par la cause anti-spéciste et par le régime végétarien, il faudra aussi que vous fassiez vos propres recherches et expériences.

Se convaincre du bienfondé de son régime alimentaire
La première chose à faire quand on veut passer le cap du régime végétarien, c’est d’être intimement convaincu que vous faites le bon choix. Peu importe ce que les autres pensent, disent ou font, c’est votre conviction à vous qui va vous aider à ne pas céder aux diverses tentations dans un premier temps. Je sais que ça paraît paradoxal, étant donné que le régime végétarien a normalement une vocation altruiste, mais pour commencer, il faut que ce changement vous le fassiez pour vous en priorité. Plus vous aurez de bonnes raisons d’abandonner la viande et le poisson, moins vous regretterez votre choix et moins vous aurez de chance de craquer, même dans les périodes difficiles. Pour vous aider à trouver de bonnes raisons au végétarisme, voici une liste de ses bienfaits, liens à l’appui.

– Un plus grand respect des animaux.
Si vous pensez aimer un tant soit peu les animaux, le végétarisme est un excellent moyen de montrer cet amour et de ne pas se sentir en contradiction avec soi-même. Disons plus exactement que votre volonté de protéger les animaux et de les respecter passe par cette chose toute simple : ne pas les tuer pour les manger. Être végétarien, c’est montrer et crier au monde que vous n’acceptez pas qu’on enferme, tue et torture des êtres sensibles pour le simple plaisir gustatif d’une minorité privilégiée. Pour rappel, la majeure partie des animaux destinés à la consommation humaine sont cruellement traités, battus, enfermés dans des cages minuscules. Beaucoup meurent de maladie, d’étouffement, ou autre avant même de voir l’abattoir tant les conditions de vie sont abominables. L’abattoir, lui, est une véritable horreur, que ce soit pour les animaux bio ou pas. L’abattage se faisant à la chaîne, beaucoup d’animaux ne sont pas assommés correctement avant d’être égorgés ; et parfois même, pas égorgés correctement avant d’être plumés, découpés, écorchés, etc. Autrement dit, on peut considérer qu’une part des animaux qu’on mange (bio ou pas, j’insiste : les animaux « bios » sont mis à mort de la même manière que les non-bios, c’est simplement au niveau de l’élevage que ça diffère et moins qu’on le croit, malheureusement), sont écorchés alors qu’ils sont encore vifs. Tous ces animaux sont dépourvus de membres « problématiques » comme leur bec, leurs cornes, leur queue ou leur testicules et quand on les leur coupe, c’est toujours sans anesthésie. Enfin, quand les animaux sont acheminés aux abattoirs, c’est également dans des conditions inhumaines, et beaucoup meurent pendant le trajet.
Pour plus d’informations à ce sujet :
One Voice – L’abattage conventionnel
[x]
Un Monde Vegan – élevage industriel, le cauchemar [x]
Un Monde Vegan – Les élevages bio et/ou en plein air
[x]

– Un plus grand respect de l’environnement.
Pour élever des animaux qui vont être transformés en viande, il faut les nourrir, les abreuver, les « loger » et les transporter. Et ça pose un certain nombre de problèmes. Le premier, c’est qu’avec la hausse constante de demande de viande, on a besoin d’avoir de plus en plus de bétail. Et donc, il prend de la place.  En fait, selon la FAO, les pâturages couvrent actuellement 3,38 milliards d’hectares (26 % des terres de la planète, sans compter les pôles) tandis que les cultures occupent 1,53 milliard d’hectares (12 %). (1) Autant d’espace qui sont occupés par des animaux dont la digestion émet beaucoup de méthane, un gaz à effet de serre (d’après un rapport de la FAO, l’élevage représente 18 % des émissions annuelles de gaz à effet de serre). (2) Deuxième problème : l’élevage est la plus grande source sectorielle de polluants de l’eau à cause des déjections animales et des antibiotiques et hormones qu’elles contiennent. En outre, les produits chimiques des tanneries, les engrais et les pesticides utilisés pour les cultures fouragères participent également énormément à la pollution des eaux. (3) Troisième problème, ces animaux, il faut les nourrir et les abreuver. Notons qu’un tiers des terres arables est consacré à l’alimentation du bétail.  (4) Les problèmes que ça pose ? Comme on les nourrit avec des céréales (souvent OGM), on a toujours besoin de plus d’espace pour le cultiver. Or la culture de céréales est l’une des causes majeures de la déforestation. (5) Pour finir, cette nourriture qu’on apporte aux animaux doit être transportée et elle vient souvent de loin. Ajouté à ça que les animaux eux-mêmes, vivants puis en morceaux doivent être acheminés de l’endroit où ils sont élevés à l’abattoir puis au supermarché. L’impact carbone est donc considérablement plus élevé pour la viande que pour les végétaux.
Pour plus d’informations à ce sujet :
(1) Comment nourrir 9 milliards d’humains sans détruire la planète ? – « Privilégier la consommation humaine dirècte » :
[x]
(2) Manger autant de viande est une aberration – « Élevage et émissions de gaz à effet de serre » : [x]
(3) Manger autant de viande est une aberration – « Les conséquences environnementales de l’élevage intensif » : [x]
(4) Comment nourrir 9 milliards d’humains sans détruire la planète ? – « Privilégier la consommation humaine dirècte » :
[x]
(5) Un monde végane – déforestation
[x]

– Un plus grand respect de l’humanité.
Manger de la viande est un privilège. Un privilège de riche vivant dans un pays riche : dans les pays développés privilégiés, la consommation est supérieure à 200 g par jour (et par personne) alors que dans les pays en développement elle est de 47 g. (1) Toute la nourriture et l’eau qui a été donnée à l’animal qui a permis de faire la viande que vous mangez aurait pu servir à nourrir des populations entières qui sont aujourd’hui affamées et/ou assoiffées. En effet, 60 % des céréales produites dans le monde sont consommées par les animaux. (2) Pour vous donner une idée en chiffres, il faut 15500L d’eau pour produire 1kg de bœuf contre 1300L d’eau pour produire 1kg de céréales. (3) En somme, les pays privilégiés (ceux qu’on appelle les pays « développés », donc) pompent 56% des ressourcent alimentaires alors qu’ils ne représentent que 26% de la population mondiale. Et c’est en grande partie à cause de la consommation de viande.
Notons également que la production en masse de viande pousse les industriels à créer des fermes toujours plus insalubres et donc, porteuses d’énormément de maladies. En fait, les systèmes modernes d’élevage sont des incubateurs à virus (listeria monocytogènes, salmonelles, campylobacters, E. coli, et autres promoteurs de « grippes » en tout genre). Comme l’indique un rapport de la FAO : « il n’est pas surprenant que les trois-quarts des nouveaux pathogènes ayant affecté les humains dans les dix dernières années proviennent des animaux ou des produits animaux ». Moins d’élevages permettrait donc d’éviter beaucoup de maladies et, par extension, tous les problèmes que ça pose aux humains. (4) Pour finir, si vous vous souciez des humains, sachez que travailler dans un abattoir est quelque chose de très difficile psychologiquement à tel point qu’en France, une loi stipule que les « bourreau » doivent tourner régulièrement. (5)
Pour plus d’informations à ce sujet :
(1) Manger autant de viande est une aberration – Introduction :
[x]
(2) Comment nourrir 9 milliards d’humains sans détruire la planète ? – « Privilégier la consommation humaine dirècte » :
[x]
(3) Manger autant de viande est une aberration – « Les conséquences environnementales de l’élevage intensif » :
[x]
(4) Manger autant de viande est une aberration – « Élevage, viande et santé humaine » :
[x]
(5) Cahiers anti-spécistes – « dans le crâne d’un tueur » :
[x]

– Un plus grand respect de soi.
Pour des tas de raisons, la viande est mauvaise pour la santé. Elle favorise des maladies comme certains cancers (du colon), l’ostéoporose, les AVC, le diabète, l’obésité, l’arthrose, etc etc. (1) Très difficile à évacuer pour le système digestif, elle demande beaucoup plus d’énergie à la digestion et donc, favorise la fatigue, le stress et l’anxiété. La plupart des viandes que vous mangez sont, en plus, issues d’animaux gavés d’antibiotiques, d’OGM et d’hormones que vous ingérez donc également en mangeant leur chair (mais aussi leur lait et leurs œufs). En fait, il est important de comprendre que l’idée selon laquelle on a besoin de viande pour être en bonne santé est une idée reçue très encouragée par le lobby de la viande. De nombreuses études (que j’ai mis en lien sous ce paragraphe) démontrent que non seulement nous n’avons pas besoin de manger des animaux pour vivre, mais qu’en plus elle cause davantage de dégâts pour la santé qu’autre chose. D’ailleurs, la position conjointe des diététiciens américains et canadiens, émise en 2003, a formulé un bon résumé de cette réalité. Ces deux organisations, qui regroupent 70 000 diététiciens, ont endossé le fait que « les régimes végétariens (y compris le végétalisme) menés de façon appropriée, sont bons pour la santé, adéquats sur le plan nutritionnel et bénéfiques pour la prévention et le traitement de certaines maladies ». Cette position de l’Association américaine de diététique a été réaffir
mée en 2009.
(2)
Pour plus d’informations à ce sujet :
(1) One Voice – Viande et santé, attention danger :
[x]
(2) Manger autant de viande est une aberration – « Élevage, viande et santé humaine » :
[x]
L’Humain, omnivore ou végétarien de nature ?
[x]
Rapport Campbell – les 8 principes issus de 40 ans d’étude : [x]

Procéder par étapes
Une fois que vous avez fait suffisamment de recherches sur les raisons qui font que vous vous intéressez au végétarisme et sur ce qui fait que selon vous c’est un choix éclairé et nécessaire, il va falloir apprendre à vous écouter. En premier lieu, si vous êtes le genre de personne à appréhender les légumes comme un simple accompagnement de la viande (c’était mon cas), vous allez devoir apprendre à redécouvrir les végétaux. Par exemple, en devenant végétarienne, personnellement, j’ai découvert que j’adorais le riz. J’en mange à presque tous les repas, dans toutes les alternatives possibles : riz complet, riz aux lentilles, riz pilaf, riz en salade, soupe de riz, riz gluant etc, etc. Redécouvrir les légumes, c’est aussi redécouvrir leur saveur. Pour ça, un bon moyen est de manger cru. Là encore, je me suis découverte une passion telle pour l’avocat que j’ai commencé à le manger sans même l’assaisonner. Bref, il va falloir que vous redécouvriez vos préférences, tester des recettes et, pourquoi pas, découvrir de nouveaux ingrédients. Le tofu n’est qu’un aliment parmi tant d’autres sur la liste des ingrédients que vous n’avez jamais utilisé. Et faire cette recherche est un début de plaisir et de découverte. Rien ne vous oblige à l’entamer pile au moment où vous arrêtez la viande et le poisson : vous pouvez très bien le faire pendant votre transition.

Ensuite, tout comme beaucoup considèrent que le végétarisme est un passage-étape pour atteindre le véganisme, il existe un autre passage étape entre le carnisme et le végétarisme. On appelle ça le flexitarisme. Ce régime alimentaire consiste à adopter le régime végétarien chez soi, mais à s’adapter quand on est invité à manger à des endroits où il sera compliqué de manger végétarien. Me concernant, je suis passée par cette étape qui a duré six mois. Elle m’a permise d’aller vers le végétarisme en douceur et de faire des découvertes tout en continuant de manger un peu de viande et de poisson.

Au bout d’un certain temps, si ça vous fait la même chose qu’à moi, manger de la viande (même juste un peu) ne vous satisfera plus. À chaque fois que vous regarderez votre morceau d’animal dans votre assiette, vous ne pourrez pas vous empêcher de penser à tout le chemin qu’il a parcouru et à tout ce que ça implique comme problèmes et ce, à tous les niveaux dont j’ai parlé plus haut. Vous allez donc avoir envie d’aller « plus loin » quitte à ne plus répondre à l’appel de vos papilles gustatives qui frétillent à l’idée d’entrer en contact avec des morceaux d’animaux cuisinés. Beaucoup voient ce stade comme le moment où on décide de se « priver ». C’est plus complexe que ça. Effectivement, on choisit de ne plus répondre à des désirs impulsifs de chair animale, mais on choisit aussi d’être en paix avec soi-même, de taire enfin cette culpabilité qui nous bouffe et finalement, on atteint une paix intérieure qui est bien plus enviable qu’un bref moment de plaisir gustatif. J’ajoute que se « priver » n’est, selon moi, pas un problème à partir du moment où il y a une justification intelligente derrière. La consommation aveugle en suivant nos désirs sans même se demander si c’est bon ou pas pour nous et/ou notre entourage n’est jamais que le résultat d’une société de consommation qui nous pousse à tout vouloir tout de suite sans jamais se poser de questions. Mais c’est un autre sujet.

Bien choisir le moment
Une fois que vous aurez atteint ce « stade », une chose que j’ai trouvé efficace à faire c’est de choisir une date symbolique à partir de laquelle vous ne mangerez plus d’animaux. Commencer à une date qui n’est pas anodine pour vous vous aidera à faire une barrière mentale entre la personne que vous étiez avant cette date et après cette date. Me concernant, j’ai choisi de devenir définitivement végétarienne le jour de ma remise de diplôme. C’était un jour où je faisais un grand pas dans le monde adulte, puisque je clôturais mes études et donc ma vie de « petit fille ». Je devenais une « adulte responsable », et je me suis demandée quel genre d’adulte je voulais être. Une adulte végétarienne a été une des réponses. Aujourd’hui, celle que j’étais avant mon diplôme n’est plus la même que celle que je suis aujourd’hui. Et l’idée de revenir en arrière, à cette « enfant » que j’étais me déplais tant, que je n’ai toujours pas cessé mon nouveau régime alimentaire.

Attention, néanmoins. Bien choisir sa « date symbolique » demande quelques conditions. Et celle qui me semble la plus importante est que vous devez choisir une date à laquelle va suivre une période pas trop difficile pour vous. Je m’explique : pour effectuer ce genre de changement assez radical et difficile, il faut que vous ne soyez pas dans une période où vous avez besoin de palier une quelconque difficulté, un quelconque malheur avec un palliatif alimentaire. Tout simplement parce que se faire plaisir en mangeant nous fait sécréter de l’endorphine (et/ou de la dopamine – ce sont deux hormones dites « du plaisir ») : une hormone qui apaise la douleur et atténue le stress. Nous avons donc besoin d’endorphine, d’autant plus quand on est stressé et/ou malheureux. Si vous associez le plaisir à la viande et que vous êtes dans une période où vous avez besoin de vous faire plaisir pour sécréter des endorphines, passer le cap sera d’autant plus dur pour vous et il y a beaucoup plus de chance pour que vous craquiez. Personnellement, juste avant ma remise de diplôme, je bossais énormément, j’étais très stressée, je dormais peu et mal et pour des raisons personnelles, en plus, j’étais assez malheureuse et en manque de confiance en moi. Pendant cette période qui a duré trois mois, j’ai mis entre parenthèse jusqu’à mon flexitarisme, me rassurant en me disant qu’ensuite, je serai une vraie végétarienne et que je ferai tout pour m’éduquer et apprendre à apprécier des plats sans chair animale.

Alors je sais que ce qui je dis là va faire hurler certains anti-spécistes / vegan / végétariens : après tout, que vaut un peu de malheur face à la mort et la torture d’autres êtres vivants ? Et je suis d’accord, dans la théorie. Mais dans la pratique, je pense qu’il est préférable qu’une personne prenne son temps pour devenir végétarien (puis vegan) et que ce soit durable, qu’une personne qui va essayer d’un seul coup, va se dégoûter du végétarisme parce qu’il se rend malheureux et va finalement ne pas y revenir voire carrément fustiger ce régime simplement parce qu’il a mal vécu son expérience. Plus on va vers ce régime en douceur et en s’écoutant, plus on a de chance de se sentir bien en le faisant et donc, de pousser d’autres personnes à faire de même. Et le but, c’est bien ça, au final : qu’un maximum de personnes cessent de manger des animaux.

Être végé au quotidien
Alors forcément, devenir végé au quotidien, ça va demander quelques galons dans certains domaines quand-même. J’ai tenté de glaner un maximum de (vraies) problématiques et de les répertorier ici pour y répondre. Non « mais où je vais trouver mes protéïneuuuuh ? » n’est pas une vraie problématique quand on sait que des protéïnes, yen a partout.

– Par quoi je remplace la viande ?
En fait, la viande ne se remplace pas vraiment. Il faut juste apprendre à organiser son assiette différemment. Par exemple, moi quand je cuisine je me fais toujours deux plats à base de féculents et un à base de légumes/légumineuses. Généralement ça donne souvent du riz, patates, épinards, par exemple. Le mieux, généralement, c’est de simplement suivre des recettes végétariennes. Je donnes des liens vers de sites qui en propose à la fin de cet article. Et si vraiment vous voulez un substitut à la viande, il existe des trucs du genre du faux poulet, du faux saucisson etc. Là par contre, il faut un budget, mais c’est vraiment pas nécessaire pour passer le cap.

– J’aime trop le poisson, je m’en passe comment ?
Ah, le poisson. Les sushis. Ces animaux qui ne crient ni ne pleurent, comment les plaindre, comment vouloir s’en passer ? Bon, ya mille bonnes raisons d’arrêter le poisson et les fruits de mer. Presque autant que la viande. C’est mauvais pour la santé (les poissons ingurgitent toute notre pollution, vous vous faites donc des sushis au bisphénol A et au mercure, miam miam), c’est pas écologique, et c’est une terrible souffrance pour l’animal, même s’il ne peut pas l’exprimer avec nos moyens à nous. Comme pour la viande, ya pas de solution miracle. Il faut de la volonté et connaître toutes les bonnes raisons qui font qu’il est important d’arrêter d’en manger.
Allez zou, quelques petits articles pour vous persuader :
L’aquaculture : [x]
Petit poisson deviendra grand : [x]

– Comment manger équilibré ?
Pour manger équilibré, c’est simple, il faut respecter un certain nombre d’apport en nutriments. Vitamines, fer, calcium, zinc, Oméga3 et Oméga6, protéines etc, sont autant de choses dont on a besoin. Pas de panique vous trouverez tout ça dans les végétaux. Si ça vous inquiète vraiment, voici des sites qui donnent des conseils avec des référencements des différents apports alimentaires, mais sachez que personnellement, je me prends pas trop la tête et j’ai pas de tableau super rigide sur mon frigo. Je me contente de manger beaucoup de crudités, et de me composer des repas à base de légumineuses, de légumes, de fruits et de féculents. Un exemple type de repas que je prends, le petit dej : Jus d’orange + thé vert (à l’orange, miam) + fruits secs (noix, noisettes, amandes) + tartines (sans beurre) + deux fruits de saison.

– Mon médecin m’a dit que c’était dangereux.
En fait, les médecins ne sont pas des dieux. Oui, je sais c’est dingue. Mais il existe aussi des médecins (et même des nutritionnistes) qui sont victimes d’idées reçues. Ce sont des humains après tout, et pour avoir son diplôme de médecin on est pas obligé de remettre en cause des idées caduques. Des nombreuses recherches réalisées et validées par des professionnels ont affirmé et soutenu que les régimes végétariens ET végétaliens n’étaient pas mauvais pour la santé s’ils étaient fait correctement. À ce sujet, vous pouvez, par exemple, lire le rapport Campbell, donné en lien plus haut.

– Comment manger végétarien dehors ?
C’est vrai qu’en France, si tu vis pas à Paris, trouver des restaurants végétariens ou même qui proposent des plats végétariens, c’est un peu la galère. Mais en fait, un truc que j’ai découvert ya pas longtemps, c’est que les restaurateurs c’est des petits filous (non pas les yaourts, bande d’estomacs sur patte) : ils le disent pas sur la carte, mais tu peux demander à ce qu’ils modifient les plats spécialement pour ta trogne. Dingue, hein ? Ouais, je l’ai appris ya pas longtemps et ça a changé ma vie. Aussi, quand je suis allée, par exemple, dans un restau spécial burgers avec des amis, j’ai pu commander un burger bien gras en demandant à ce qu’ils remplacent le steak par une galette de pomme de terre. Et ainsi fut fait. Dites vous que j’ai même des amis vegans qui commandent des pizzas sans viande et sans fromage. Point bonus : la tête du pizzaiolo. Bref,  quand tu sais ça, manger dehors en tant que végé devient tout de suite beaucoup plus facile.
Pour ce qui est des cantines c’est plus compliqué -merci le gouvernement-, du coup, si votre self propose pas une alternative végétarienne soit vous allez essayer de faire changer les choses, soit vous vous faites votre encas chaque jour avant de partir. Il existe des recettes très simples d’encas à se préparer et qui sont très bonnes.

– Que répondre à ceux qui se moquent de moi et du végétarisme.
C’est une des plus grosses problématiques avec la question qui en dessous. Comme je l’ai dit plus haut, ce que je vis le plus mal en tant que végétarienne, c’est l’intolérance des gens, leur mauvaise foi voire leur mensonge à ce sujet. Du coup, j’ai développé des techniques pour éviter des débats désagréables. La question n°1 à éviter, c’est « et au fait, pourquoi t’es végétarien/ne ? » Généralement les gens ne veulent pas savoir. Ça les interpelle mais je crois que la seule réponse qu’ils peuvent tolérer c’est « pour ma santé ». Aussi, vous pouvez choisir, plusieurs options : ne pas dire toute la vérité et répondre seulement « pour ma santé » (ça me faisait des aigreurs d’estomac, j’ai du cholestérol, je suis allergique etc), choisir d’utiliser leur humour « c’est parce que je veux faire souffrir un maximum de légumes », ou carrément les prendre pour des cons (des fois ça soulage) en répondant que vous savez pas, que vous vous êtes réveillé un matin et que vous l’étiez et que vous savez pas comment vous en débarrasser.
Sinon, malheureusement, comme je le dis ici, ya pas vraiment de technique : faut attendre que ça passe en serrant les dents. Personnellement j’ai toujours à peu près réussi à tenir le coup, sauf une fois où j’ai dû mettre le holà parce que le repas se transformait en véritable procès. Mais dans l’ensemble, à part quelques petites blagues lourdes, on finit par s’y faire et on ignore.

– Comment annoncer mon végétarisme et le faire accepter par mes proches ?
Là, c’est le dilemme. Et s’il y a un sujet sur lequel je ne jugerai jamais personne c’est bien celui-là puisque je rencontre ce problème avec ma famille. L’idée que je puisse devenir végane leur est odieuse et ils ont déjà eu du mal à se faire à mon végétarisme. Et finalement, ce qui m’empêche le plus de devenir végane, c’est bien la résistance des membres de ma famille à ce nouveau régime. Je ne suis pas prête à sacrifier les relations que j’ai avec ceux que j’aime même pour une cause qui me tient vraiment à cœur. Du coup, je fais de mon mieux dans mon coin, et je m’adapte quand je suis avec eux (sauf pour la viande et le poisson, ça j’ai été intraitable). J’entends par
fois des véganes / végétariens dire que si vos proches ne respectent pas votre régime alimentaire, ben c’est qu’ils vous mérite pas, mais je suis pas d’accord. Comme je le dis dans cet article, c’est très difficile de suivre ses idées politiques si ça doit coûter des relations sociales auxquelles on tient. En tout cas, le flexitarisme dont j’ai parlé plus haut est un excellent outil pour tester le terrain.
Toujours est-il que là dessus, j’ai pas de solution miracle : la seule que je vois c’est le dialogue. Encore et encore et encore. Mais c’est dur. Pour les amis c’est un peu différent, je pense. En général, ça passe plutôt bien en dehors de quelques railleries (mais bon, on finit toujours par se blinder). Et puis quand on devient végétarien, on se fait facilement de nouveaux amis puisqu’on partage avec une nouvelle communauté, et ça c’est chouette. Après, à chacun de faire en fonction de la situation, de ses relations et de sa résistance aux confrontation d’idées.

– Est-ce que c’est pas dangereux de devenir végé si j’ai des TCA (Troubles de Conduite Alimentaire) ?
D’après plusieurs témoignages glanés par des amis végés/véganes qui avaient des TCA, non. En tout cas, eux n’ont pas eu de problèmes. Mais vous pouvez quand-même en parler avec des professionnels avant de passer le cap. Après, comme je l’ai dit plus haut, passer le cap du végétarisme quand on a des problèmes sérieux (et j’en pense que les TCA en sont), c’est plus difficile. À vous de voir si vous vous en sentez capables. Vous pouvez toujours essayer et voir ce que ça donne. À priori, si dommages il y a, je doute qu’ils soient irréversibles.

Quand on craque
Le végétarisme (et le véganisme) ce n’est pas une secte. Si un jour vous craquez, bon, et bien, craquez. C’est pas grave. Ya pas un grand gourou qui va venir vous enlever vos badges anti-spécistes et vous jeter en pâtures à des porcs d’élevage en furie. Craquer une fois de temps en temps, ça n’invalide pas tout ce que vous avez fait et tout ce que vous faites pour la cause animale. En fait, craquer ou pas craquer, c’est davantage un problème à voir avec vous-même. Si vous commencez à craquer trop régulièrement, il faudra peut-être envisager de revenir à une alimentation « classique » et éventuellement réessayer plus tard. Par contre, faire un écart de temps à autre, c’est normal. Vous êtes un humains, et vous êtes sans cesse bombardés de messages qui vous disent, « la viande c’est bien, c’est bon, ça rend fort, ça rend bon, ça fait de toi un lion trop graou graou », et même si vous savez que c’est pas vrai, inconsciemment vous allez avoir des désirs de viande. C’est le principe même de la publicité et des manipulations médiatiques, de susciter le désir même chez des personnes averties.

Personnellement, en un an, j’ai craqué quatre fois : trois fois pour de la viande et une fois pour du poisson. Ce qui est amusant, c’est qu’au moment de manger des animaux je me suis rendue compte qu’entre l’idée que je m’en faisais (« je vais me régaleeeer ») et ce que j’ai mangé réellement ben… J’ai été déçue. Dans le sens où dans ma tête c’était bien meilleur que ça. Finalement dans ma bouche, ça me faisait juste l’effet de caoutchouc et j’ai du me forcer pour finir (bon, j’avoue tout : sauf pour le poisson. Mais c’était des sushis, aussi). En fait, la viande dans ma tête, je me suis aperçue que je la surestimais. À cause des médias, d’une part, mais aussi à cause du souvenir que j’en ai et qui l’idéalise (quand j’étais petite, j’adorais la viande). Depuis j’ai découvert des aliments appelés « fausse viande » qui valent parfaitement l’original et qui me permettent de me préparer un repas sans me casser la tête quand je sèche pour trouver une idée de plat végé et que j’ai pas envie de chercher (oui des fois j’ai la flemme, comme tout le monde, je passe pas mes journées à concocter des plats dignes de master-chef).

En bref, vous permettre une certaine flexibilité en prenant en compte votre état psychologique et vos limites, c’est vous permettre de continuer d’agir efficacement sans vous faire du mal et donc, vous dégoûter de vos propos actes. Acceptez l’idée que vous êtes des humains avec des faiblesses et que répondre de temps à autres à ces faiblesses ne fait pas de vous une horrible personne perverse et mal intentionnée.

En conclusion
Voilà, maintenant que je vous ai donné tous mes conseils, un dernier détail : On ne devient pas végétarien puis vegan du jour au lendemain. Si une fois qu’on a commencé et qu’on s’est habitué c’est plutôt facile, le début est complexe et parfois, on se sent vraiment marginalisé. Ce qui fait que je ne sais jamais si je dois dire à une personne qui a le désir de passer le cap que c’est super facile, ou que c’est super dur. En fait, je crois que le plus juste c’est de dire que la difficulté ne réside pas du tout là où on le croit. D’autant que d’une personne à l’autre, les difficultés ne sont pas toujours les mêmes.  Moi par exemple, ce que je vis le plus mal, c’est l’intolérance des gens face à mon choix alimentaire. Surtout quand cette intolérance vient de gens que j’aime. Parce que cette intolérance est issue de l’ignorance et de la peur, et qu’à cause de ça, je vois des tas de personnes qui sont vraiment ouvertes et tolérantes devenir des véritables imbéciles quand il s’agit d’alimentation.

Du coup, voici mon tout dernier conseil : dans le fond, que vous deveniez végétariens, vegan, ou pas, ce n’est selon moi, pas le plus urgent. Je pense que c’est important de tendre vers ce régime, mais à mon avis, il faut que chacun aille à son rythme. Ça me fend le cœur quand j’y pense, mais je sais que de toute façon, le temps que les consciences s’éveillent, des milliards et des milliards d’animaux seront sacrifiés, même si j’arrive à convaincre les quelques lecteurs qui me suivent de tous se passer de viande. En revanche, voilà ce que je pense réellement nécessaire : même si vous n’adhérez pas à ce régime malgré mes conseils et mes arguments, j’espère vous avoir convaincu que l’anti-spécisme est une cause juste. C’est pourquoi selon moi, ce que vous devez faire si vous voulez réellement aider les animaux, c’est de cesser de vous cacher derrières de la mauvaise foi et des mensonges quand le viande vient sur le tapis. Admettez simplement que passer au régime végétarien est trop dur pour vous et ayez la décence de ne pas en être fier : n’essayez pas de nous faire croire que vous avez des problèmes de santé ou d’argent ou que votre volonté est de respecter l’ordre naturel des choses (si c’était vrai, faites moi le plaisir de vous balader à poil), ou je ne sais pas quoi d’autre. En agissant ainsi, chaque mensonge que vous prononcez est un renforcement des clichés spécistes et donc, un recul de la cause animale. Parce que ceux qui entendent ce genre d’idées reçues les ingèrent, les ressortent et s’en servent pour ne pas réfléchir à la question.

Vous n’êtes pas obligés de vous passer de viande si vous n’en êtes pas capables. Mais vous pouvez partager la vérité sur ce que la consommation de viande et de poisson implique. En cessant de mentir et d’être de mauvaise foi, d’abord, et en en parlant le plus possible, ensuite.
C’est le principe même de l’honnêteté intellectuelle. Et c’est ce qui sauvera le monde.

Quelques liens :
Guide du végétarien débutant : [x]
Forums végans : [x] [x] [x]
Site de recettes végétariennes / véganes : [x] [x] [x]
Des blogs géniaux qui parlent du sujet : Les Questions Composent // Antigone // Les Cahiers Anti-spécistes
Les sites : One Voice // Un Monde Vegan // Avi // Veg’Info
Des vidéos à voir  : Earthlings // Retirons les Animaux du Menu – Philip Wollen // Conférence de Gary // L’éthique animale pour les nuls
Et découvrez le Paris Vegan Day ! o/

Si vous connaissez des sites qui proposent des recettes végétariennes, des blogs qui parlent du sujet, des documentaires intéressant, etc, n’hésitez pas à m’en faire part, je complèterai les liens proposés dans cet article. En vous remerciant d’avance. ^^

Je rappelle que, comme d’habitude, sur ce blog, les commentaires qui viennent expliquer « pourquoi je mange de la viande » ne seront pas validés, car ça n’apporte rien au sujet, ni même au débat. Si vous avez l’intention de vous justifier de la raison qui vous pousse à manger de la viande, merci de bien vouloir vous abstenir, de toute façon, vous le ferez pour rien (ce sera modéré et je n’y répondrai pas). En revanche, si vous avez des questions, ou si vous êtes végétariens/vegan et que vous avez des conseils à donner, n’hésitez pas. Merci à tous. 🙂


Égalitariste

63 réflexions au sujet de « Comment devenir végétarien ? »

  1. Chouette article 🙂 merci d’en parler. J’aime beaucoup ta conclusion.

    Pour ceux que ça intéresse, et qui sont curieux de découvrir le mode de vie vegan je ne peux que vous conseiller de vous rendre au Paris Vegan Day : http://www.parisveganday.fr

    C’est un salon célébrant le mode de vie vegan en France, avec plein de conférences, de dédicaces et de cours de cuisine toute la journée !!

  2. Mille mercis pour cet article, très documenté, très bien écrit, pas moralisateur et surtout qui donne tout un tas de solutions. Je suis très intéressée par tout ce qui concerne le végétarisme et le véganisme… D’abord parce que l’idée de manger autrement et de découvrir d’autres goûts me plaît et aussi parce que je peux passer des jours et des jours sans manger de viande et sans en ressentir le besoin (me tourner vers la viande n’est pas naturel chez moi bien qu’il y ait des viandes dont je raffole). Par contre, je n’ai jamais su me passer de fromages ou d’œufs… Je me suis demandée un jour si je serais capable de passer le cap et j’en suis très curieuse (pour les œufs et le fromage, je ne pense pas). En attendant, comme je ne vis pas seule et que je ne suis pas certaine de savoir résister à certaines choses, même par conviction profonde (sushis, saucisson, fast food), je me documente sur le sujet et j’essaie d’apprendre des alternatives, des recettes végétariennes voire végétaliennes. Donc tous ces articles me sont très précieux. Parce qu’on sait jamais.

    • Je suis très accro au fromage aussi, et un bon moyen que j’ai trouvé c’est de les remplacer par des pâtés végétaux. C’est meilleur pour la santé et c’est vachement bon. 😀

    • Ce qui m’a été utile pour arrêter le fromage, ça a été d’identifier systématiquement l’aspect exact qui me faisait envie.

      Le gras? On remplace par du guacamole ou des « fromages » de noix. Le salé? Hoummous, patés végétaux. Le goût fort, fermenté? Miso, doenjang, levure nutritionnelle, trucs à base d’ail. Le coté pratique (genre tartine pain-fromage quand on n’a pas le temps de cuisiner)? Pour moi la réponse est très souvent hoummous. Le geste? Ça va sembler dingue à certains mais saupoudrer de la poudre d’amandes sur mes pâtes en sauce satisfait complètement mon envie de parmesan, tout était dans le visuel.

      Pour remplacer les produits laitiers dans les plats composés (genre les lasagnes, la patisserie) le plus simple est de commencer avec de bonnes recettes véganes, et peu à peu tu réapprendras à cuisiner différemment, intuitivement, sans nécessairement avoir besoin de substituts chers.

      Et puis si vraiment un fromage particulier te fait dire « celui ci je ne pourrais jamais l’abandonner », pourquoi pas le garder comme « joker » et commencer par le reste? Remplace ou élimine doucement les laitages auxquels tu es moins attachée, prends l’habitude de lire les ingrédients, apprends à cuisiner végan, d’abord 1 soir de la semaine puis 2 puis 3… Tout effort dans la bonne direction est louable. Si ça te prend 10 ans pour devenir végan, eh bien le véganisme t’attendra. Il sera toujours là quand tu seras prête.

      • Ah intéressant ces manières de remplacer le fromage, surtout la poudre d’amande ! J’adore les amandes, j’en mets partout 🙂 Après, je n’aime aucun produit laitier à part le fromage, c’est surtout dans les pâtisseries que le bât blesse. Merci pour ces conseils 🙂

  3. Je ne me sens pas tout à fait prête à devenir végétarienne mais je suis de plus en plus convaincue que ce serait une bonne chose. Merci pour tous tes articles qui m’ont aidé à réfléchir sur mon comportement et la manière dont je le justifiais.

  4. Merci pour l’article, j’ai fait le passage avec ma blonde il y a maintenant quelque chose comme deux mois et j’ai envie de dire « so far so good ». Je suis content que tu parles des substituts de viande, je me demandais si c’était un truc de débutant pour faciliter la transition mais finalement non on dirait ? (Typiquement hier on s’est fait des hot-dogs en utilisant des saucisses « Tofurky » et c’était super bon :3)

  5. Merci pour cet article très très bien fait !

    J’ai particulièrement aimé le passage sur le fait de se sentir mieux dans sa tête. Parce que c’est le cas, je me sens tellement mieux sans viande/poisson dans mon assiette ! C’est tellement ancré dans mon esprit que ça me parait maintenant une aberration totale d’en consommer. A tel point que, maintenant que « je sais », je n’arrive pas à comprendre pourquoi et comment diable l’homnivorisme existe et continue d’exister, et comment on peut fermer les yeux avec autant de complaisance.

    J’ai vraiment trouvé facile le passage au végétarisme (du côté « pratique », parce que côté réaction de l’entourage c’est pas toujours ça) mais pour être végétalienne c’est quand même plus compliqué pour moi, surtout quand on se rend compte qu’il y a du lait/des oeufs PARTOUT u_u (mais j’arrive à me restreindre sur le fromage et je vis ça comme une grande victoire o/)

  6. Très très bon article. Pour ma part (comme je te l’avais dit quand j’ai commencé à changer de régime alimentaire), ce qui me faisait le plus peur, c’était les envies de viande. Finalement j’en ai pas eu tant que ça (bon, j’avoue, les sushis, ça me prend encore un peu mais c’est quand même rare). Le plus dur, comme tu le dis, c’est vraiment le regard des gens (ça fait neuneu dit comme ça mais c’est vrai T.T). Dès qu’on commence à me demander « mais au fait, pourquoi t’es végétarienne toi ? », je sens venir le débat à 3km (heureusement parfois les gens respectent, me posent quelques questions mais n’argumentent pas, youhou !). Bref, c’est toujours le truc que je redoute quand je vais chez quelqu’un et que je dis que je ne mange pas de viande…

  7. salut,

    j’ai pas l’habitude de commenter mais la question du craquage m’intéresse. je suis végétalien à tendance véganisante depuis moins d’un an et je me demande si on peut effectivement se permettre de craquer. Si on compare avec les luttes anti-sexiste ou anti-raciste est ce qu’on accepterait de « craquer », d’être un peu raciste ou un peu sexiste parce que on est des humains, et qu’on est sans cesse bombardés de messages, qui disent les femmes et les personnes non-blanches (liste non exhaustive) sont des être-humains de seconde zone?

    je suis d’accord avec le fait de ne pas être dans une posture culpabilisante, mais est ce qu’on peut vraiment dire que « c’est pas grave » ?

    A mon avis c’est important de considérer ça comme un problème et de chercher ce qui le rend possible pour pouvoir lutter contre (mais je suis d’accord qu’on retombe dans les complexités : famille, socialisation,etc, qui permettent pas de résoudre grand chose facilement…).

    • Alors, ma réponse n’est jamais que le fruit de ma réflexion personnelle : elle n’engage que moi et elle est certainement discutable.

      En fait, selon moi, le spécisme n’est pas comparable aux autres intolérances pour une raison que je trouve bien malheureuse mais qui est réelle : la majeure partie des gens sont spécistes et n’ont aucun problème à vivre avec. Pire, certains de craignent pas de le revendiquer. Nous vivons donc dans un monde où être spéciste est normal. À l’inverse du racisme, de la misogynie ou de l’homophobie qui sont vus comme étant mauvais (il suffit de voir combien les plus homophobes des réactionnaires se défendent d’être homophobes). Il y a beaucoup de progrès à faire pour les autres intolérances, mais dans les faits, il n’y a que pour le spécisme que les gens osent encore ne pas voir de problème à cette forme d’intolérance.

      Autrement dit, être anti-spéciste est encore plus dur dans notre monde actuel que de lutter contre le racisme, le sexisme ou l’homophobie. Dans l’idée, manger des animaux, si, c’est grave. Et même laisser tuer des animaux alors qu’on en mange pas l’est. Si on compare avec des êtres humains, c’est comme si on savait que tous les jours des gens sont tués et qu’on n’agissait pas pour leur venir en aide. Donc, dans notre société, même si on est végane, on est les complices de meurtre de masse qui se font tous les jours par notre non réaction : on sait que des meurtres se produisent, mais on ne fait rien ou pas assez. Parce que pour agir concrètement, on devrait simplement faire brûler des abattoirs (après avoir fait sortir les prisonniers encore vivants qui s’y trouvent). Mais pour agir ainsi, il faudrait être prêt à se mettre soi-même en danger. Et on ne peut pas demander aux gens ou à soi-même d’avoir un tel esprit de sacrifice pour des êtres vivants qu’on ne connaît pas.

      Bref, donc, on en est au point où tout ce qu’on peut faire c’est essayer de convaincre le plus de gens possible et faire avancer la cause au maximum pour qu’un jour ce soit les carnistes qui soient en minorité et qu’on puisse enfin abolir les abattoirs. En attendant, que des gens mangent de la viande ou non, finalement, ça n’aura pas beaucoup d’incidence sur la réalité des choses : des producteurs qui continuent de tuer des animaux et de les exploiter. Qu’on craque ou pas, ça ne fait finalement que peu de différence : ce n’est pas parce qu’on ne mange pas un steak que ça change le fait que la vache a été mise à mort pour que ce steak existe. Et ce steak existera toujours, parce que les producteurs de produisent pas en fonction de la demande. C’est d’ailleurs pour ça que tant de viande est gâchée.

      Le végétarisme (et le véganisme) sont en fait des philosophies qui montrent l’exemple et poussent les contemporains à s’interroger. C’est le plus important à mon avis. C’est pour ça que je dis à la fin de mon article que selon moi, le plus important n’est pas de parvenir au végétarisme et au véganisme, même si c’est aussi important. Selon moi, le plus important c’est que les gens arrêtent de se mentir et de s’accrocher à des idées fausses qui justifient qu’on tue des animaux pour en faire de la viande. Si tout le monde connaissait la vérité et l’acceptait telle quelle, les abattoirs fermeraient. Et c’est ça le but. Alors vraiment, que des gens craquent, finalement, ce n’est pas grave dans le sens où on baigne déjà dans l’horreur et où s’y trouver un peu plus ou un peu moins ne changera pas la donne dans l’ensemble. Au moins, ils essayent. Et en essayant, ils poussent leurs entourages à se poser des questions. Craquer n’est pas quelque chose dont on peut être fier, je suis d’accord. Et autant que possible il vaut mieux éviter. Mais dans l’état actuel des choses, on ne peut que vivre avec l’horreur ou se sacrifier pour y mettre fin.

    • Quand j’ai commencé à être végane (il y a à peu près 6 ans), j’avais pris pour habitude de dire que « le végétalisme c’est le niveau zéro de l’activisme, il ne nécessite même pas de sortir de sa cuisine. Si on n’est même pas capable de faire ça… » Et c’est vrai seulement si on retire la lutte contre le spécisme de tout contexte social.

      Aujourd’hui j’ai complètement changé d’opinion: le végétalisme est un des acte politiques les plus difficiles à maintenir sur le long terme parce qu’il est connecté à la nourriture, et que nos choix de nourriture sont profondément émotionels. Il n’y a pas de rituels racistes que l’on associe au plaisir, à la famille et aux traditions, rituels que l’on exécuterait 3 fois par jour. Il y a quelques rituels sexistes dans notre société (je pense par exemple au mariage) mais ceux-ci sont rares et ont été suffisament réformés au cours du siècle dernier pour qu’on puisse y échapper, ou y participer avec une réflexion antisexiste et sans que toute sa communauté se sente trahie. Sur ce sujet, j’ai énormément apprécié les réflexions de Jonathan Safran Foer dans « Faut-il manger les animaux? » où il examine en détail les traditions culturelles, familiales, historiques et religieuses (il est Juif et d’une famille de survivants) associée à la nourriture, et l’importance de faire le deuil de ces traditions.

      Pour faire un autre parallèle, je suis bénévole dans un refuge pour animaux. Quand on veut placer un chien, mettons, la principale préoccupation n’est pas juste de lui trouver une famille d’adoption là tout de suite, mais de lui trouver une famille « pour toujours ». Alors oui, tant que ce chien n’est pas placé il a une vie difficile et prend une place et des ressources dont un autre animal ne peut pas bénéficier – avec parfois les choix difficiles auxquels ce manque de place peut mener, je pense que tu es au courant de la surpopulation catastrophique des animaux domestiques. Mais si l’adoption échoue et que le chien est rebalancé dans le système des refuges au bout de 2 semaines ou 2 ans, on revient au point de départ, on a perdu notre temps, notre énergie, et on a peu être dégouté une famille de l’adoption (alors qu’avec le bon chien ils auraient été convaincus, et auraient adoptés à nouveau dans 10-15 ans). De la même façon, je pense que le plus important dans le véganisme n’est pas que les gens l’adoptent aujourd’hui par dégoût ou par honte, mais que quand ils l’adopteront, ce soit pour toujours, avec la certitude intime que c’est le bon choix, et avec les bonnes clés pour parler posément de ce choix autour d’eux. Effectivement, pendant ce temps, des animaux continuent à être exploités et abattus. Mais je pense que dans le contexte de l’énormité du système d’une part, comme le dit Myroie, et dans le contexte des bénéfices de toute une vie de véganisme si la transition est réussie d’autre part, retarder cette transition de quelques mois ou quelques années n’est pas grave.

  8. Je ne trouve pas que la transition vers le végétarisme soit très complexe, on fait un peu peur aux gens en disant ça…ça dépend surtout de la fréquence de la consommation de viande auparavant en fait ! J’ai arrêté de manger viande et poisson en janvier dernier, et jusqu’à septembre 2012 je ne m’étais pas du tout posée la question de devenir végétarienne, au contraire je trouvais ça un peu fantaisiste, mais j’ai vite changé d’avis. Comme je ne mangeais pas beaucoup de viande, ça s’est fait avec une facilité étonnante… il faut faire confiance à sa motivation et à ses convictions, et surtout ne pas oublier de se faire plaisir ; manger des tas de bons plats sans viande c’est quand même le meilleur moyen de ne pas craquer ! (je ne me vois pas craquer d’ailleurs, ça ne me fait généralement pas assez envie et je me décevrai moi même si ça arrivait…mais ce que tu écris est bien vrai, il ne faut pas s’auto flageller non plus si ça arrive, surtout au début). Bel article synthétique en tout cas, tout y est !

  9. Merci pour cet article, il m’a remotivée (des années que j’essaye, trois mois que je tiens vraiment bon!). Jme pose de plus en plus de questions par rapport à ma position sur le spécisme (et avec mon esprit de contradiction de merde cpas évident), ca me fait pencher dans votre sens. Merci aussi Aelle pour les idées de pâtés végétaux, si j’en trouve des pas chers j’essaierai sûrement!

    J’aurais un petit bémol sur les TCAs. Côté compulsions ca n’a rien changé chez moi, par contre (et je connais plusieurs autres anorexiques en rémission à qui c’est arrivé aussi) quand t’es sur la descente ano, c’est très vite tentant de justifier tes privations par le veganisme: J’ai perdu 3k en une semaine quand j’ai essayé, parce que j’avais juste enlevé le fromage (et j’ai peur des féculents), sans rien rajouter pour rééquilibrer (pas très malin). Tout ce qui favorise le contrôle en fait, ca peut être dangereux, donc faut rester vigilante (mais pour le moment, perso, jmen sors, donc jdis pas du tout que c’est impossible si on fait gaffe!)

    • Ah oui, pour les TCA j’ai vraiment pas voulu trop m’avancer, donc merci de témoigner. Cela dit, attention : je n’ai jamais dit que devenir végétarien / vegan permettait de « soigner » les TCA. Je dis que d’après des témoignages qu’on m’a fourni (dont un de Blue Cobalt), ça n’avait rien changé pour eux. Après, chacun étant différent, je me doute que ce n’est pas aussi simple. J’espère que tu arriveras à les gérer, ça doit pas être facile à vivre. 🙂

  10. Excellent article ! J’ai une question : est-ce qu’il y a moyen de devenir végétarien tout en évitant de manger des choses produites à l’autre bout du monde ? Genre l’avocat, le tofu (on en fait peut être France, celui-là je suis pas sûr), même le riz à part le Camarguais…

    Tu me diras qu’un légume même produit à l’autre bout du monde aura toujours une empreinte écologique moins importante qu’un morceau de viande produit au même endroit, voire qu’un morceau produit en France, mais est-ce que c’est une question que tu t’es déjà posée, et est-ce que tu connais des gens qui sont végétariens ET locavores ?

    • Je fais de toute façon de mon mieux pour être locavore. Je pense que c’est important aussi. En règle générale, donc, la plupart des légumes que je mange, par exemple, viennent d’une hamap du coin (ou du jardin de mes parents, mais bon, j’ai conscience que tout le monde n’a pas de parents qui font un potager). Sinon, il existe du tofu qui est produit en France, il faut juste prendre soin de lire les étiquettes. Après, concernant le riz, c’est plus compliqué. Le mien vient de Thaïlande. De même, mes avocats, dattes, bananes, ne sont pas locales. J’essaye de faire au mieux. Être locavore, c’est aussi un régime alimentaire compliqué, et je ne me sens pas de passer le cap tout de suite. Pour le moment, j’arrive à également me passer d’huile de palme et j’essaye de limiter ma consommation de produits laitiers, d’œufs et de miel. Rien que ça, c’est pas une mince affaire. Chaque chose en son temps. ^^

      Après, en règle générale, essayer de consommer peu permet de réduire pas mal ta trace écologique. Et de préserver son portefeuille. 🙂

      • Conseils utiles :

        • On trouve des produits à base de soja produits et fabriqués en France dans les Biocoop et les magasins Satoriz ;

        • On trouve facilement du riz de Camargue dans les rayons « vrac » des magasins bio ;

        • Les Biocoops respectent leur propre cahier des charges lorsqu’elles sélectionnent leurs produits, lequel est bien plus strict que le cahier des charges AB : cela vaut aussi et surtout pour les produits issus d’animaux (source : mère d’une amie, acheteuse pour les Biocoops, et discussion avec les commerçants). Aussi, si vous consommez des produits animaux et que vous ne connaissez pas de paysan-ne sympa et fiable qui en produit, sachez que les Biocoops vous permettent de faire les choses le moins mal possible.

        Je précise que je ne gagne rien à vanter les mérites des Biocoops (je préfère d’ailleurs faire mes courses au marché de producteurs bio que j’ai la chance d’avoir à proximité) : je souhaite simplement partager ce qui m’aide au quotidien, particulièrement en terme de vie sociale.

        En effet, n’étant pas une végétarienne 100 %, je trouve pratique de pouvoir dire à mes parents que je mangerai du fromage s’il vient d’un endroit « correct » (oui, je sais l’abatage, mais je simplifie) et de la dinde à Noël si ceci et si cela : c’est plus facile que de leur envoyer un « je n’mange pas de votre immonde nourriture » (mais je respecte ceux et celles qui le font).

        J’ai été une végétarienne stricte pendant plusieurs mois, et à cette époque, faire passer le moindre message était impossible : depuis que je suis plus « flex » tout en y mettant des conditions qualitatives, ma famille est plus ouverte et me pose des questions sur mes choix, j’entends par là de vraies questions qui invitent à y répondre.

        Si mes parents sont encore très loin du chemin du végétarisme, ils commencent à acheter des produits animaux en bio, ce qui montre qu’ils s’interrogent au moins un peu sur ce qu’ils mangent ; surtout, ils ne fustigent plus mon régime quasi végétarien : au lieu de dire que je suis bizarre, ils affirment maintenant qu’ils ne se sentent pas capables de me suivre, ce qui est un grand pas en avant !

        De mon côté, je progresse lentement mais sûrement : en raison de son impact environnemental, j’ai complètement supprimé le boeuf/la vache, qu’il s’agisse de la viande ou du lait ; cependant, je n’me sens pas prête à ne plus manger le moindre fromage : il m’arrive donc de consommer du lait de chèvre ou de buffle (mozzarella…). Je ne mange quasiment plus de viande et n’en ai que rarement envie : lorsque c’est le cas, c’est toujours du fait de stimuli extérieurs type odeur de barbecue (au final, je mange de la viande bio entre 5 et 10 fois / an, et jamais de viande industrielle), sans lesquels le goût (duquel je ne suis cependant jamais déçue, pour être tout à fait honnête) ne me manquerai pas. Je n’arrive toujours pas à me passer d’œufs, mais les ai supprimés de toutes les recettes dans lesquelles ils n’étaient qu’un liant ou « gonflant » pour ne les garder que lorsque leur goût spécifique importe (omelettes, oeufs brouillés…).

        Bref, je suis consciente que l’on peut faire bien mieux que moi, mais aller à son rythme en choisissant les produits animaux les « moins mauvais » possibles aide beaucoup en terme de dialogue et de transmission.

        Pour conclure, Myroie, bravo pour ce blog que je n’avais encore jamais commenté mais que je lis régulièrement depuis quelques mois : tes articles sont d’une qualité rare et pleins d’intelligence, c’est aussi agréable qu’enrichissant. De plus, le ton « dépassionné » et pragmatique que tu emploies me permet de les partager sans risquer que les foudres de l’enfer ne s’abattent sur moi ! Tu m’aides à dire ce que je peine à expliquer posément, et ce sur bien des sujets. Merci ! 🙂

        • Merci à toi pour ton témoignage et pour tes encouragements. 🙂

          Je ne savais pas que les biocoops proposaient des produits à base de soja fabriqué en France. C’est une info non négligeable. :3

          Concernant la viande bio, j’avoue que j’ai du mal avec l’idée (que ce soit bio ou pas, les animaux meurent), mais je comprends ton raisonnement. J’espère qu’un jour ta famille sera assez ouverte pour te permettre de ne plus en manger du tout.

          Concernant les omelettes, j’ai entendu dire qu’on pouvait en faire des très bonnes avec du tofu soyeux. Je n’ai jamais essayé, mais peut-être que tu pourrais tester (si ce n’est pas déjà fait) ?

          • J’ai testé les omelettes au tofu soyeux, mais ce n’était pas très concluant… Ceci dit, lorsque mon copain sera d’accord pour en acheter moins (pas que nous nous en gavions hein…), je m’en passerai beaucoup plus facilement ! Mais comme, il est déjà passé de carnivore notoire à tout-comme-moi en un an, je vais éviter d’en rajouter trop vite. 😉

  11. Merci pour cet article.

    Avec mon compagnon nous sommes devenus végétariens il y a 3 mois de cela et on se tourne maintenant vers le végétalisme et le véganisme. Là j’apprends à cuisiner sans œufs et je vais me lancer dans les fromages végétaux! 🙂

    Il y a quelques temps on a ouvert un placard et il restait une terrine de rillettes de saumon. On a eu envie de les manger parce qu’on les avait fait nous même mais au final comme tu le racontes dans l’article, j’ai été déçue par le goût, c’était moins bon que dans mes souvenirs. En plus, ça m’a fait culpabiliser. Toutes les raisons qui font que je crois à l’anti-spécisme sont très bien ancrées en moi maintenant on dirait. Après ce « craquage », je peux dire que je ne retournerai pas vers la viande.

    Le plus dur en fait en devenant végétariens, ça a été les réactions de nos proches. Parfois, j’ai l’impression que si j’annonçais avoir commis un crime, ça les gênerait moins. lol

    Le mieux, c’est la plus grande forme, la fin des digestions difficiles, le budget courses qui baisse, la fin de la gestion compliquée des dates de péremptions dans le frigo et surtout, le sentiment d’être enfin en phase avec ses convictions: ça rend plus léger et heureux.

    En tous cas, c’est en partie grâce à la lecture de tes articles que j’ai été convaincue de changer mon alimentation et mon mode de vie. Alors merci, ce blog est d’utilité publique! 🙂

  12. Bonjour, merci pour l’article, très documenté, les liens me seront utiles pour clouer le bec de certains…

    En revanche, je voudrais revenir sur un point, les TCA. Si effectivement dans certains cas ça se passe bien et c’est même une aide précieuse (donner sens à son alimentation), dans d’autres ça ne fait pas du tout bon ménage. Par exemple, l' »anorexique » se cache derrière son nouveau véganisme, le/la « boulimique » craque et culpabilise deux fois plus si le craquage n’est pas compatible avec son régime, sans compter les névroses liées à l’alimentation qui se retrouve aggravées (non, ça n’est pas des légendes)(je n’ai pas non plus dit que devenir végé provoquait des TCA, au contraire, juste que ça ne va pas toujours ensemble).

    Parfois, une personne qui a réussit à stabiliser son trouble risque de régresser, définitivement et à devoir recommencer tout le travail (donc si, ça peut créer des dommages graves et irréversibles, du coup)

    Alors, oui, évidemment, TCA ou pas, essayez ! Mais pas tout seul, pas sans aide. Choisissez un médecin bien informé, un/e thérapeuthe, psy, ce que vous voulez mais gardez un suivi, une béquille thérapeutique pour vous aider dans cette transition.

    • Vous affirmez beaucoup de choses, mais vous parlez à partir de votre vécu ou…? Si ce n’est pas un témoignage personnel, j’aimerai que vous donniez des liens. Vous affirmez beaucoup de choses, dont certaines me semblent un peu caricaturales. En outre, ce que vous dites va à l’encontre de témoignages que j’ai pu entendre à ce sujet. Je me trompe peut-être, mais du coup, j’aimerais avoir des références. Merci. 🙂

  13. Merci merci pour cet article 🙂 J’ai appris des choses et ça m’a rassurée sur plein de points. Je ne sais pas encore si je suis prête à faire le grand saut, mais depuis que je te suis sur twitter je réfléchis vachement sur le sujet. (J’avoue j’ai commencé par me dire « anti-spéciste? lol » pardon :x). Du coup depuis plusieurs semaines j’ai vaaachement réduit ma consommation de viande. En gros mon but c’est de ne plus en manger la semaine. Du coup c’est joker le weekend, mais c’est pas forcément pour ça que je me jette sur le viande en fait (à mon grand étonnement ça ne me manque pas tant que ça!). En plus l’été c’est dur avec les invitation aux barbecue haha, du coup une fois j’ai ramené mes saucisses de soja! C’était marrant car il y avait une végétarienne (que je ne connaissais pas) qui avait amené exactement les mêmes.

    A part ça, j’ai fais mon premier houmous maison (c’est facile, pas cher, trop bon et ça se conserve super bien O_o), je découvre les différentes formes de tofu (le tofu fumé !!! le tofu fumé!! <3 ça comble mes envies de lardons c'est fou 🙂 ) Après j'ai la chance d'aimer cuisiner de base, de pas trop mal me débrouiller, ça aide. Du coup je me fais mes boites repas pour le midi au boulot (sinon c'est mort pour manger végé par ici et pourtant je suis dans Paris.) On vient d'acheter un congélo et du coup on a prévu de faire régulièrement des sessions cuisine ou on fait des trucs en grosse quantité histoire d'avoir toujours un truc tout prêt (mais végé!) au congelo pour les soirs de flemme. (Genre dimanche on a fait 30 gyozas et 30 boulettes de lentilles corail 🙂 oui je suis fière et je me la pète :3)

    Bref pour l'instant mes petits pas de bébé végé se passent pas trop mal. Je crois que le truc qui me freine le plus en fait c'est le côté culpabilisant d'être "juste" végé et pas "total hardcore veganazi". Ce qui est stupide parce qu'être "juste végé" c'est déjà bien mieux que d'être omni et "juste" réduire la conso de viande c'est déjà bien aussi ! Parce que vegan j'arriverai pas. Sérieux, se priver d’œufs et de miel, pour moi, je trouve ça insurmontable, mais vraiment.

    Enfin bon, comme tu le dis, déjà prenons conscience du problème, remettons en questions nos habitudes et au moins faisons ce qui est faisable 🙂

    (j'ai aussi une voix dans ma tête qui arrive à me dire "pff tu fais ça juste pour te rendre intéressante" genre "fake veggie girl". Je voudrais pouvoir reprogrammer mon cerveau.)

    J'ai aussi un peu peur de devenir une "control freak" des apports nutritionnels mais on verra…

    En tout cas ça me fait découvrir plein nouveaux trucs à manger (genre les lentilles corail! c'est trop bon :)) et ça c'est génial. Je trouve des idées de recette principalement sur pinterest ( d'ailleurs si vous avez des tableaux à me recommander, je prends ! 🙂 ). Mais je vais aller voir les liens en fin de ton article.

    Donc merci encore pour cet article, ton blog en général, et de m'avoir ouvert les yeux 🙂

  14. Merci!

    Ca m’a fait un bien fou de lire ton article – au passage, je découvre que je suis flexitarienne depuis quelques mois, et pas seulement « future végé ». C’est agréable de trouver un article pas culpabilisant sur les écarts (ben oui, je mange de la viande chez mes parents, oui, j’en mange au boulot quand j’ai pas le choix, et oui j’ai craqué pour des lasagnes pendant mes révisions), alors que j’avais tendance à m’autoflageller là dessus.

    Deux remarques:

    – sur la question du coût, que j’évoquais hier sur twitter: j’ai reprécisé ensuite que ce qui m’embêtait, c’était de devoir y mettre plus d’argent OU plus de temps. Je fais des études qui me laissent très peu d’heures de libres, ce qui me pousse souvent à acheter des plats tout prêts plus ou moins sains. Et je suis déçue de l’offre végé de ce côté là: les rares plats que j’ai trouvés sont effectivement beaucoup plus chers. Sans doute le fait que je n’habite pas dans une grande ville joue, j’imagine que l’offre n’est pas la même partout, et qu’il y a plus d’enseignes proposant des produits végés sur Paris.

    Par contre, cuisiner végé sans se ruiner, c’est tout à fait possible, j’en ai fait l’expérience pendant mes vacances: produits frais (les fins de marchés, c’est top pour les rabais), légumineuses achetées en gros, féculents… Si on a le temps de préparer les plats au jour le jour, c’est easy; pour les gens occupés, une solution: cuisiner en gros, et congeler pour les périodes tendues (le congel sera sans doute mon prochain investissement).

    • sur le côté médical, il n’y a effectivement aucune contrindication pour l’être humain moyen. Pour les TCA, je serais plus précautionneuse: effectivement, si bien mené, par de contrindication non plus, mais attention au déséquilibre que ça peut causer chez des personnes souvent déjà carencées si ça n’est pas fait correctement. C’est très bête, mais certain(e)s anorexiques éviteront des aliments végé et protéinés à cause de leur index calorique élevé (pas plus que de la viande, mais plus que du poisson blanc / blanc d’oeuf / viande maigre), et pour le coup, se retrouveront vraiment sans apport protéique. De façon générale, une solution en cas de doute: trouver un médecin et / ou un diététicien pas trop con (sisi, ça existe, et il ne faut pas hésiter à changer de praticien si il ne vous plaît pas!), et en parler avec lui/elle. (Et pour anticiper ta question potentielle, c’est double expérience, perso et professionnelle).
  15. J’ai découvert le véganisme sur le blog de l’elfe (http://lesquestionscomposent.fr/) qu’à la base je suivais pour ses articles féministes. J’ai beaucoup aimé ce que j’ai lu, ça m’a fait réfléchir, alors j’ai lu aussi ses articles sur le véganisme. Depuis ça me travaille… Ton article tombe donc à point nommé, il donne beaucoup de tuyaux mais aussi d’arguments à apporter aux personnes réticentes !

    Personnellement, quand j’ai à peine évoqué auprès de mon copain l’idée de m’orienter vers le végétarisme, ou au moins le flexitarisme, il a sauté au plafond, et a eu une réaction que j’ai trouvé assez méprisante… Du genre « oh non me fait pas ça s’il te plaît ». Bon, je dois dire que ça m’a refroidie. Mais j’ai déjà réussi à lui faire oublier un certain nombre d’a priori qu’il avait concernant le féminisme, donc tout espoir n’est pas perdu ! Même si effectivement, il est beaucoup complètement acquis dans la société que manger de la viande est normal, contrairement à la misogynie…

    Bon, justement j’ai acheté il y a quelques jours des protéines de soja, avec lesquelles j’ai bien envie de tenter une recette type bolognaise végétarienne. Histoire de voir…

    Quoiqu’il arrive, je prendrai mon temps, pour moi mais aussi pour mon copain 🙂

  16. Tiens, une question que je n’ai pas encore eue à me poser mais qui me vient à l’esprit : y a-t-il des végé ici qui se sont déjà retrouvés dans des cadres où la nourriture est « imposée », comme l’hôpital ou la maternité ? Comment est-ce que ça se gère dans ce cas ?

    • Personnellement j’ai testé à l’hôpital et malheureusement, la seule option envisageable pour la structure était de supprimer la viande/le poisson en doublant ma ration de légumes.

      Lorsque j’ai demandé s’il était possible d’avoir quelque chose de protéiné, on m’a proposé du yaourt ou des barres de céréales pour sportif, mais les lentilles ou les pois chiches, connait pas…

    • Heureusement je n’ai pas été hospitalisée depuis mon changement d’alimentation, mais j’ai rendu visite à des amis végés hospitalisés. Selon l’établissement (et la pathologie évidemment), tu peux apporter / te faire apporter ta propre nourriture. Dans les mater en particulier certaines chambres ont un petit frigo.

      Le grand classique de la nourriture imposée, c’est le coup des événements en huis clos avec buffet / traiteur : mariages, séminaires professionnels… En géneral tu te fais avoir une première fois où ton seul choix est de sauter un repas, après tu prends l’habitude d’avoir une pomme d’urgence dans ton sac à main (ou un burrito, hein, tu as le droit d’être végé avec un bon coup de fourchette). Récemment j’ai eu un événement professionel comme ça où tous les plats du buffet avaient de la viande (du porc pour 80% d’entre eux, super, la nourriture la moins inclusive au monde quoi). Pourtant j’avais demandé le menu avant, et on m’avait dit qu’il y aurait des salades (ah oui, aux lardons). Ça m’a tellement gonflé que je me suis fait livrer une pizza dans la salle de conférence. Bonus: la tête des collègues.

      Pour revenir au cas des urgences médicales, je me suis fait une petite carte plastifiée que je garde dans mon portefeuille intitulée « en cas d’urgence », avec les noms et numéros des proches à contacter, mes prescriptions médicales, et mes restrictions alimentaires. Je ne sais pas si ça changera quoi que ce soit si un jour on me retrouve sans conaissance au milieu de la rue, mais au moins j’aurais essayé.

      • Ah c’est pas bête de mettre ça sur une carte d’urgence (une carte d’urgence me semble une bonne idée en soi pour avoir déjà été ramassée par le samu : on m’a demandé oralement un numéro de personne à prévenir, dans lequel je me suis trompée vu mon état vaseux. Je doute qu’on te fouille spontanément à la recherche d’indications, mais ça te donne au moins quelque chose à fournir si on te pose la question)

        Et je prends note avec admiration de l’idée de se faire livrer 😀

  17. Un petit bémol sur le riz camargais, qui a certes l’avantage d’être local, mais pose actuellement de gros problèmes au niveau des flamants roses : les riziculteurs estiment que l’incursion des flamants nuit au développement de leur activité. Ils utilisent donc des canons d’effarouchement et certains demandent le droit de les chasser. http://provence-alpes.france3.fr/2013/06/07/en-camargue-les-flamants-roses-s-invitent-dans-les-rizieres-et-perturbent-la-production-265601.html

    • Oui, il est vrai que le riz camarguais présente des inconvénients, mais c’est aussi le cas du riz-de-l-autre-bout-du-monde qui a en plus une empreintes écologiques bien plus importante.

      Dans l’absolu, on pourrait boycotter le riz (moi non car étant intolérante au gluten, je vis en bonne partie de ça !), mais malheureusement toute culture importante engendre des problèmes pour la faune et/ou la flore, problème que nous ne résoudrons pas dans ce fil de commentaire. 🙂

  18. Merci pour ton article hyper clair et respectueux des opinions de chacun. Je déteste autant les mangeurs de viande qui refusent de remettre en question leur mode de vie que les végans qui méprisent ceux qui ne sont pas encore prêts à faire un effort qui est loin d’être anodin. Je commence à avoir envie de changer mon mode d’alimentation mais je dois avouer que quand j’y réfléchis sérieusement, je me rend compte que je mange énormément de viande, beaucoup plus que ce que je crois la plupart du temps. Je me rends compte aussi que vouloir manger exclusivement bio est un leurre (déjà que je l’appliquais avec une rigueur toute relative). Je vais donc commencer à tenter la transition et c’est un peu grâce à toi.

  19. Très bon article, clair, concis et quasi complet. Il ne me manque que la question du changement de régime en famille (parents, enfants) qui me demande pas mal de temps et de compromis.

    Au passage, je note une petite bourde : « Oméga6 (protéines) », je suppose qu’il faut lire (lipides).

    • D’après ce que j’ai lu les acides aminés (dont les Oméga 3 et les Oméga 6) sont des protéines. Donc je ne pense pas avoir fait de bourde. Après, je ne m’y connais peut-être pas assez.

      Pour ce qui est des enfants, je ne peux pas répondre, étant donné que je n’ai jamais été confrontée au problème personnellement.

      • Les acides aminés sont bien les constituants des protéines mais les oméga 3/6/9 sont des acides… gras. Ceci dit, c’est pas le plus compliqué à trouver pour les végés/vegans : huile d’olive/colza, fruits secs, mâche, avocat, etc remplacent les poissons gras. Une salade mâche, noix, huile d’olive, c’est un poisson de sauvé ! 😀

      • En ce qui concerne les enfants, ce sont de petits mammifères qui ont besoin d’apport en protéine animale jusqu’à l’âge naturel du sevrage, soit entre 5 et 8 ans. Ensuite comme n’importe quel mammifère, il n’aura plus besoin de ça pour vivre.

        La protéine animale idéale pour le petit humain se trouve dans le lait maternel, mais sous nos latitudes l’allaitement long est rare et très mal vu, c’est pourquoi il leur faut un substitut durant les premières années de vie, sous forme de lait de vache le plus souvent, liquide ou transformé, viande, poisson, oeuf.

        Les jus végétaux (soja, riz…) comme unique substitut de lait maternel, sans autres apports animaux chez les enfants en bas-âge sont très insuffisants. En France il y a eu le cas d’un bébé de 7 mois, hospitalisé dans un état de dénutrition grave et mort de faim peu après ; il était nourri de façon végétalienne exclusive au lait de soja. Il y a eu d’autres cas similaires, qui se sont heureusement terminés de façon moins dramatiques. Je sais qu’il existe des jus végétaux maternisés, mais je ne connais pas leur composition et suis bien incapable de dire s’ils contiennent des protéines animales ajoutées et de la taurine (présente aussi dans le lait maternel). Par principe je déconseillerais le lait de soja chez le nourrisson, c’est très allergène et bourré d’hormones.

        (Fin du pavé nutritionnel).

        Merci infiniment pour cet article qui répond plus que bien à mes interrogations de…On peut appeler ça « végétaienne en devenir » ? La réflexion et le chemin personnel sont entamés depuis un bon moment, grâce à deux déclics, le premier en découvrant que réduire ma consommation de viande n’a créer aucun manque, au contraire, même un certain « dégoût » (le porc par exemple) quand je devais en remanger. Le second en découvrant avec surprise que j’aimais bien commander/cuisiner des plats vegétaiens pour le simple plaisir gustatif (les gens ignorent-ils à quel point un simple plat de riz blanc à peine salé peut être une palette de saveur à lui seul ?). Précisément le jour où j’ai commandé dans un restaurant un hamburger végétarien où le steak était remplacé par une galette de légumineuses avec une sauce miel/chèvre/chutney à tomber. Rien à envier à la viande hachée.

        Le véganisme me semble encore loin pour l’instant, parce que j’ai l’impression qu’il est incompatible avec mon mode de vie, pas pour l’alimentation mais pour le reste. Par exemple, j’utilise des produits de la ruche ou du yaourt pour me soigner, du lait pour mes cosmétiques, des oeufs pour mon shampoing, des matières les plus naturelles possibles pour mes objets du quotidien (peigne en corne, chaussure en cuir véritable, pull en vraie laine…). Avec le moins de made in china possible, le plus éthique possible, et le plus proche possible. Renoncer à tout ça pour revenir au chimique, plastique et au synthétique ne me tente pas le moins du monde. A moins qu’il existe des alternatives dont je n’ai pas encore entendu parler ?

        • Tout ce que tu dis sur le plan nutritionnel me semble un peu hasardeux, je serais pas contre des sources, car ça va à l’encontre de ce que j’ai pu lire et voir en direct.

          Je connais personnellement des enfants végétaliens qui sont en parfaite santé. C’est tout à fait possible, cf article : http://www.vegetarisme.fr/vegetarien.php?content=vegetarien_fichebebevegetalien

          Du plus, il me semble que l’être humain n’a pas besoin de taurine puisqu’il est capable de le synthétiser lui-même. C’est une molécule dont seuls les carnivores ont besoin car eux ne savent pas le produire. Et c’est pour ça que EUX doivent manger de la viande, contrairement à nous, que nous soyons adultes ou non.

          Sinon, je suis ravie d’avoir pu t’aider.

          Concernant le véganisme, il existe des tas d’alternatives véganes comme la laine en chanvre, les pulls en coton, les shampoings nourrissants à l’aloe vera ou à diverses huiles (amande douce, noyau d’abricot), etc etc. C’est pas toujours facile de trouver des produits vegans, mais l’essentiel c’est d’essayer et de tenter de faire au mieux. Personnellement, mes shampoings et cosmétiques sont vegans, c’est pas difficile du tout de trouver des produits de bonne qualité sans souffrance animale (il existe des laits végétaux pour le corps qui sont très bien). Pour ce qui est des vêtements c’est plus tendu, mais c’est jouable de faire écolo ET vegan notamment avec les produits en chanvre et en coton donc. Pour les objets, le bois éthique fait à partir d’arbres plantés de manière écolo (pas déforestés). Bref, il y a toujours moyens. 🙂 Mais faut chercher.

          • Mes sources sont mes cours de nutrition infantile, tu peux trouver les références sur http://www.fourchetteverte.ch/fr/ et SSN (Société Suisse de Nutrition). Ils ne sont pas à visée végan, mais ils ne racontent pas tellement de bêtises comparé à d’autres.

            Concernant la taurine, je ne parlais que des enfants, pas des adultes. Un nourrisson (>2 ans) est incapable d’en synthétiser, comme beaucoup d’autres choses qui lui sont apportés par le lait maternel. C’est pour ça que les complémentation durant les premières années de vie sont importantes si on allaite pas. Je ne nie pas qu’une alimentation VG pour un bébé peut être intéressante et bénéfique, et loin de moi l’idée de remettre en cause la bonne santé de ces enfants, mais il faut prendre plusieurs facteurs en compte et être attentif. Mon pédiatre qui est tout à fait ouvert à ce genre d’alimentation conseille tout de même de conserver des oeufs ou un peu de fromage si l’enfant n’est plus allaité avant deux ans. Les parents végétalien que j’ai croisé dans mon travail font souvent l’erreur de passer leur bébé au lait végétal classique ou fait maison, et c’est là que la santé est mise en danger. Il faut absolument un lait végétal maternisé. les enfants mangent à leur faim, mais l’organisme étant privé d’éléments essentiels « meurt de faim ». Le premier symptôme typique c’est un enfant sans cesse affamé, même lorsqu’il vient de sortir de table, c’était le cas d’un petit garçon que j’ai rencontré, qui n’acceptait de se nourrir que de pâtes, riz ou purées et dont la mère n’insistait pas pour lui donner autre chose.

            Le site que tu donne est intéressant, bien que les conseils de diversifications soient un peu obsolètes^^

            Pour les produits végan, je vais aller me renseigner. Maintenant c’est vrai que j’ai tendance à regarder avant tout le côté humain. Un objet fabriqué par des enfants exploités et malades qui n’atteindront jamais l’âge adulte, je ne l’achèterais pas, tout végan qu’il soit (cas des jouets « écolo » mais made in china). Un animal n’aura peut être pas souffert, mais des humains si. Idéalement j’aimerais trouver des choses qui ne font souffrir ni l’un ni l’autre^^

  20. Si la maîtresse des lieux le permet, j’aimerais au passage poser quelques questions (je ne connais aucun végétarien ou végétalien autour de moi) : végétarienne depuis presque 5 mois ( o/ ), je suis encore débutante mais, même si je remplace progressivement certains produits, comme la crème, je ne pense pas aller jusqu’au végétalisme. Si j’ai arrêté la viande et le poisson principalement par préoccupation de la cause animale, celle-ci s’inscrit pour moi dans une démarche écologique plus générale, et je peine par exemple à comprendre le refus du miel. L’apiculture (artisanale bien sûr) m’apparaît comme très respectueuse de la nature et des écosystèmes, le miel prélevé ne constitue que la « surproduction » de la ruche, les abeilles ne me semblent pas exploitées comme peuvent l’être, par exemple, les moutons, je peine donc à saisir le nœud du problème. Si vous pouviez éclairer ma lanterne…

    D’un point de vue vestimentaire, j’ai également lu sur des sites consacrés à la cause animale qu’il était préférable de porter des matières synthétiques comme le polyester ou l’acrylique plutôt que du cuir, de la soie ou de la laine : si je peux comprendre la deuxième partie de la proposition (cuir, soie et laine), la première m’étonne beaucoup : la cause animale est-elle à ce point distincte de la cause écologique que l’on puisse recommander des produits issus de l’industrie pétrolière ? Le coton est ben sûr également proposé par lesdits sites, je suis simplement étonnée que le polyester soit considéré comme une alternative viable. Cette opinion est-elle représentative du mouvement vegan ?

    • Oui chamsz cette opinion est représentative du mouvement vegan, j’ai discuté avec beaucoup beaucoup de vegan et ça exclue vraiment tout produit d’origine animale. J’étais aussi étonnée que toi au début (moi j’ai arrêté la viande y’a 8 mois), mais je comprend mieux maintenant parce que quand on se renseigne, c’est souvent fait de manière abominable…d’autre part tous les produits synthétiques ne sont pas issus de l’industrie pétrolière, ils en achètent par défaut mais les chaussures vegan sont souvent fabriquées à partir de molécules végétales par exemple. C’est un peu en attendant mieux…mais sinon beaucoup de vegan gardent les vêtements qu’ils avaient avant quand même, certains sont plus souples sur certaines choses etc, c’est comme pour tout, c’est pas un dogme 🙂 Quant au miel, je suis d’accord avec toi pour les petites productions artisanales, mais ça demande d’aller voir sur place, car il est beaucoup plus facile de nourrir ses abeilles au glucose plutot que de leur laisser du miel par exemple…meme dans des productions qui ont l’air respectueuses. Tu peux retrouver un article sur le miel sur le site de Vegactu, il a fait pas mal débattre 🙂

      • Bonjour chamsz,

        D’après ce que j’ai compris, le problème du miel outre l’exploitation animale, c’est le type d’abeilles utilisées pour le produire. Le miel vendu pour l’homme est fait par des abeilles Apis Mellifera qui ont été modifiée génétiquement au fur et à mesure pour les rendre résistantes aux pesticides par exemple. De plus, la prolifération d’Apis Mellifera empêche les polénisateurs sauvages de poléniser car elles « mangent » toutes leurs ressources et ça entraine le déclin des abeilles sauvages et des autres polénisateurs comme les papillons. Certains en parlent beaucoup mieux que moi. 🙂 Par exemple là: http://recettesveganjulio.over-blog.com/id%C3%A9e-re%C3%A7ue-sur-l-abeille-a-lire

        et là:

        http://abeillessauvages.com/

        Sinon je ne suis pas (encore) vegan. Mais pour le cuir/ laine/ soie je suis d’accord avec eux. Déjà pour les conditions abominables pour obtenir les dits cuirs, laines et autres. Je te conseille les très bons articles d’Antigone XXI là dessus ils sont accessibles et très clairs. Après pour les produits issus du pétrole je les vois comme un mal pour un bien. C’est comme quand « on » nous dit de favoriser le vélo au lieu de prendre notre voiture. Le vélo dépend aussi de l’industrie du pétrole (les pneus, les pièces en caoutchoucs, ect) et pourtant il reste bien moins polluant. Personnellement je veux tendre vers le véganisme au maximum donc je remplacerais mes affaires au fur et à mesure mais je ne vais pas tout jeter maintenant. J’attendrais qu’elles soient bien usées.

        J’espère t’aider un peu dans ton questionnement.

        Très bonne journée

      • Comme je le disais, mon problème ne tient pas au fait de refuser la laine ou le cuir mais de conseiller ouvertement le polyester, d’autant qu’il existe souvent des alternatives naturelles. C’est en contradiction totale avec les raisons qui m’ont fait devenir végétarienne, et ça me déstabilise donc un peu.

        Merci pour le miel, je vais aller regarder ça de ce pas !

        • Oui je comprends bien… Je pense que comme dit Gwendoline, on retrouve la contradiction dans d’autres aspects de la vie quotidienne…Ca dépend ensuite de la priorité qu’on se donne : si on a seulement le choix entre un manteau en laine et un manteau en fibres synthétiques, ou entre deux paires de chaussures, une en cuir et l’autre pas, quel est le « moins pire » en gros… c’est vrai que c’est un casse tête. Pour certains acheter sans produits d’origine animale est la priorité absolue, d’ailleurs il y a des vegan qui ne regardent pas s’il y a de de l’huile de palme dans ce qu’ils consomment etc. Moi je te rejoins, l’argument « environnement » a été le déclic principal de mon intérêt pour le végétarisme…Donc j’ai un peu du mal. Cela dit les produits issus de l’industrie pétrolière sont partout : fringues de sport (chaussures, imperméables), matos de sport, et plein de petits « détails » sur la plupart des produits qu’on achète 🙁

          • L’aspect environnemental n’est pas le seul qui puisse entrer en contradiction avec le véganisme : entre une paire de chaussures en cuir d’agneau avec tannage végétal fabriquée en France et une paire de chaussures en synthétique/végétal fabriquée au Bengladesh par des être humains « travaillant » dans conditions inhumaines, que choisir ?

            Car c’est là le problème principal : il existe très peu de chaussures vegan produites dans le respect des droits de l’Homme ; évidemment, nombre de chaussures en cuir sont produites dans des conditions tout aussi monstrueuses, mais lorsqu’on cherche du made in France ou made in England, on tombera sur de cuir plutôt que sur du synthétique/végétal.

            Bref, on se retrouve pratiquement toujours devant le dilemme précité.

            Beaucoup de marques surfent d’ailleurs sur l’émergence d’une demande vegan pour se donner une image éthique tout en faisant fabriquer leurs produits à l’autre bout de monde, ce qui implique conditions de travail non contrôlées, ouvrier-e-s sous payé-e-s et transport en avion.

            Je pense notamment a Matt & Nat, marque canadienne de maroquinerie vegan, dont j’ai acheté un article avant de réaliser qu’il était fabriqué… En Chine ! Le sac était donc passé par la Chine puis par le Canada avant de revenir en France, et tout ça n’était nullement indiqué sur leur site qui mettait l’accent sur la nationalité de la marque.

            Bref, nous n’avons pas fini de nous prendre le chou (lui, au moins, il est 100 % végétal !)…

          • Tu l’as dit…faut faire un tour sur le site vegetarian-shoes, mais pas grand chose en France pour l’instant. La marque Inkkas est sympa aussi, mais c’est pas des matières proches du cuir…

  21. Ping : Bartleby (bartlebychang) | Pearltrees

  22. Merci pour cet article bien écrit et plein de conseils, de liens et d’infos utiles.

    Je ne suis pas végan, ni même végétarien, et pour tout dire, un cuisinier très nul (spécialisé en pâtes trop bouillies pour donner une idée générale). Mais j’avoue qu’à force d’en entendre de plus en plus parler, de lire des articles comme le tien, pas moralisateurs et qui donnent des conseils pour y arriver, je pense sauter le pas un jour et me mettre à la cuisine végétarienne (pas sûr d’avoir assez de volonté pour arriver au végétalisme ou véganisme).

    Je sais que ce jour-là, je ne pourrais compter sur le soutien d’aucun de mes proches. Je vis dans un milieu rural assez fermé aux idées d’égalité et de lutte contre différentes formes d’oppression (en gros, tout ce qui ressemble de près ou de loin à des idées « gauchistes » ou « écolos »). J’ai une famille qui a eu successivement un élevage de bovins à viande et maintenant de chèvres pour le lait. Et on tue encore régulièrement nos poulets nous-mêmes (et je l’avoue, je sais que je vais regretter le poulet rôti si j’arrive à me décider).

    Bref, je sais que si j’arrive à me convertir, je vais m’en prendre plein la figure, mais je vois bien que c’est de toute façon nécessaire, pour toutes les raisons que tu as évoquées … même si ce n’est pas pour tout de suite.

    Par contre, je suis d’accord avec toi en ce qui concerne l’hypocrisie qui entoure la consommation de viande, il faut assumer que ce qu’on mange a nécessité des souffrances, pollue et est globalement plutôt mauvais pour la santé. Mais rien que de parler autour de moi de ces choses-là est déjà vu presque comme de la folie furieuse ou un truc limite sectaire … bref, pas évident de faire avancer les choses, même de façon assez symbolique, surtout quand on n’est pas du genre à savoir faire respecter son point de vue comme c’est mon cas. Mais je ne désespère pas d’arriver à la fois à changer mes habitudes alimentaires et à ce que mes proches l’acceptent un jour ^^

    • Ça risque de ne pas être facile. Je te souhaite bien du courage. Que tu aies conscience du problème est déjà très bien, surtout si tu vis dans un tel milieu. J’espère que si un jour tu sautes le pas, tu sauras le faire accepter à tes proches. 🙂

  23. Ping : Spécisme | Pearltrees

  24. Bravo pour cet article qui répond à bien des questions sur le sujet, sans condescendance, sans mépris et sans hauteur. A bientôt, donc.

  25. Ping : Devenir végétarien | Pearltrees

  26. Ping : Animal rights & specism | Pearltrees

  27. Cet article m’a interpellée car depuis 2 mois ma fille de 11 ans a décidé de ne plus manger de viande parce qu’on tue des animaux. Sa décision, que je soutiens avec bienveillance, a été globalement mal perçue toute ma belle famille étant des viandards, mon mari le premier. Ma belle mère lui demande régulièrement de manger de la viande « pour lui faire plaisir »,, mon mari ne lui dit rien pensant que c’est le meilleur moyen de ne pas la butter (sous entendu pour qu’elle retrouve un régime homnivore) , le pire étant le cuisinier du collège qui lui a dit « tu es folle va te faire soigner ». Elle s’est récemment posé la question des chaussures en cuir.

    je cuisine donc autant que possible en adaptant à son choix, après RDV avec une diététicienne pour éviter les carences. On diminue donc notre quantité de viande, avec pour son anniversaire une mousaka végétarienne servie à mes beaux parents qui se sont régalés !

    Par contre je me permets de réagir à certaines affirmations en partie erronées non pas pour justifier le fait de manger de la viande mais pour que son refus ne soit pas basé sur des erreurs.

    Message de Myroie

    Cette partie du commentaire a été modifiée parce que vous donnez des informations erronées sans donner de sources.

    Je n’ai rien contre les affirmations qui vont à l’encontre de ce que je peux dire (après tout, je suis faillible, j’ai pas la science infuse), mais je refuse qu’on partage des idées reçues sur mon blog sans donner les moyens de vérifier les informations. Je me donne la peine de sourcer mes dires, si vous souhaiter les contredire, faites en autant. Merci.

    J’espère que votre fille pourra évoluer et s’épanouir dans ses convictions. Bon courage à elle.

  28. Merci pour cet article qui m’a beaucoup intéressé. J’avais pour habitude suivre ce blog il y a environ un an et il se pourrait bien que je revienne plus fréquemment à l’avenir 😉 D’après mes souvenirs tu étais bien plus moralisatrice, enfin bref… dans cet article-ci ce n’est pas du tout le cas et c’est vraiment plaisant à lire.

    Tout d’abord, j’ai toujours mangé de la viande et ce n’est que récemment, suite à divers discussions et à la lecture de cet article, que je commence à envisager de changer.

    Pour cela, je me demandais si déjà avant d’effectuer ta transition vers le veganisme tu étais déjà du genre à manger beaucoup de fruits et légumes ? Bien que le début de ton article donne de bonnes raisons de changer de régime, il se trouve que j’ai un réel manque de plaisir (ô doux euphémisme) en ce qui concerne ce genre d’aliment et je ne n’en mange que dans des plats types poulet basquaise / spaghetti bolognaise dans la mesure où couper en très petit morceau je ne sens plus la textures des oignons / champignons / autres. Par conséquent, je me sens difficilement prêt ne serait-ce qu’à essayer…

    Mais si tu , ou certaines de tes connaissances, avais une profonde aversion pour la « menace verte » (à entendre les légumes) comment est-ce que tu as réussis à sauter le pas ?

    • Je n’aime pas trop les accusations de « moralisateurs », et il se peut que je fasse d’autres articles qui le seront « trop » à ton goût, donc ne vient pas me servir ce genre de compliment qui n’en sont pas en réalité car je n’aime pas ça, merci. Pour toi je suis trop moralisatrice dans d’autres articles, pour certains, j’ai été trop complaisante dans celui-là. Sauf que je n’écris pas pour m’acheter la validation de mes lecteurs : je parle de chose que j’ai apprises, j’étudie les science humaines et je partage mes connaissances, point. Si ça dérange, je m’en tape. Voilà, c’était la précision importante du jour.

      Sinon, pour répondre à ta question : il se trouve qu’avant de devenir végétarienne (je ne suis pas encore vegan même si j’essaye), j’étais une super viandarde. Pour te donner un ordre d’idée, je mangeais en moyenne de la viande trois fois par jour, et rarement avec autre chose que des patates, des pâtes ou du riz. Pour me donner bonne conscience, de temps à autre j’accompagnais mes pièces de viande de quelques courgettes et tomates, et éventuellement d’une salade (mais c’est si j’avais le temps). Je suis née dans une famille où on mangeait de la viande à tous les repas sauf au petit dej. Avant mes 7 ans, à l’inverse de pas mal d’enfants, j’avais déjà mangé des pieds de porc, de la langue de bœuf et du steak tartare. Et j’aimais ça. J’adorais même : je réclamais toujours plus de viande, et surtout du gras. Alors en grandissant, j’ai reproduit le schéma familial, en pire. J’ai même commencé à manger du saucisson en guise de goûter.

      Or je savais vaguement que c’était pas très très bon pour la santé de manger de la viande 3 fois par jour et très peu de légumes. Même les médecins s’accordent à le dire : de la viande pas plus de trois fois par semaine et des légumes 5 fois par jour. J’étais loin du compte. Et ça me faisait culpabiliser. Donc j’ai voulu baisser ma conso de viande, égoïstement pour ma santé. Ça a été le point de départ. J’ai donc commencé à me renseigner sur les possibilités que j’avais en matière de recettes à base de légumes (que j’avais en horreur, soyons honnête). J’ai décidé de devenir flexitarienne, et à force de me renseigner sur les recettes végétariennes, j’ai dû fréquenter des cercles sur internet qui défendaient la cause animale. Au début, j’ai nié en bloc. Et puis j’ai commencé à me renseigner, à essayer de comprendre. Et ça a été l’effet boule de neige.

      Après, moi, depuis ma plus tendre enfance j’ai toujours eu un mode de fonctionnement basé sur l’adage « ne fais pas aux autres ce que tu ne veux pas qu’on te fasse ». Quand j’ai compris, adulte, que les « autres » étaient aussi les animaux non-humains, il a bien fallu que j’admette que pour respecter mes convictions profondes, il allait falloir que je change de mode de vie, ou que j’accepte d’être une hypocrite. Et pour moi, assumer mon hypocrisie était plus difficile que d’arrêter de manger des animaux. Finalement, à force de me renseigner, j’ai découvert toutes les horreurs qui se cachent derrière les cadavres d’animaux qu’on mange, et j’ai donc fini par ne plus pouvoir m’empêcher d’associer souffrance animale et viande. Je peux te dire que peu importe le fumet qui se dégage de la pièce de viande qu’on te présente, le souvenir du veau qui hurle quand on l’égorge t’empêche de savourer pleinement ton met. Manger des légumes, ça devient tout de suite plus facile, surtout quand tu apprends à les cuisiner.

      Ce que j’ai remarqué aussi (mais peut-être que je psychote) c’est que depuis que je suis devenue végé, ma sensibilité gustative s’est accrue au fil du temps. J’ai pu redécouvrir des légumes et des aromates que je ne connaissais que très peu, voire pas du tout. Avocats, épinards, lentilles, riz, courgettes, tomates… Et puis des trucs que je connaissais même pas, genre tofu, lait de riz, crème de soja, lait de coco, quinoa, seitan, steak végétarien, faux-gras, chips de légumes, graines germées… Avant on me parlait de tout ça, je faisais la grimace. Aujourd’hui, juste d’en parler, je salive (ouais). Fréquenter des cercles veggie en vrai m’a pas mal aidée aussi. On a fait des fêtes à se péter le bide ensemble, après avoir fait des repas qu’en tant que carniste je n’avais jamais imaginé. Lors de ces repas je passe des moments inoubliablement géniaux : on se régale, on n’a pas la moindre trace de culpabilité parce qu’on sait qu’on mange éthique ET sain, on rigole, on imite le cri de la carotte en se moquant des carnistes qui nous imaginent en train de pleurer qu’on voudrait bien remanger de la viande, on échange des techniques de cuisine, des recettes (je n’ai jamais autant parlé cuisine que depuis que je suis veggie)… Bref, j’ai jamais été aussi heureuse que depuis que je suis végé, et si j’admets qu’il y a parfois des difficultés, elles valent bien le bonheur que ça m’apporte. Donc je ne regrette pas du tout mon choix. \o/

      • Je te prie de m’excuser pour mes propos. En outre, je pense que j’ai eu tort de t’accuser de moralisatrice après relecture de l’article qui m’avait « dérangé » à l’époque.

        Par ailleurs je te remercie pour ta réponse.

        Bien que ce soit à destination des végétariens et non pas des vegans, je me demandais si tu connaissais ceci : http://www.arte.tv/guide/fr/048052-007/la-table-verte-de-michael-hoffmann#details-comments

        C’est une émission de cuisine diffusé par Arte chaque dimanche soir dans laquelle est préparé un plat végétarien. Je me disais que cela pourrait être intéressant et utile pour celles-eux qui cherchent des recettes par exemple.

Les commentaires sont fermés.